Les 11 variantes du Tour du Mont-Blanc, mesurées une par une (ce qu'elles coûtent vraiment)

Variantes du Tour du Mont-Blanc : lesquelles valent le détour ?

Altimood, Mise à jour le

Sur le Tour du Mont-Blanc, on choisit ses variantes parfois avec la mauvaise unité de mesure. On demande souvent combien de kilomètres elles ajoutent, alors que sur ce circuit la distance ne prédit à peu près rien. En mesurant les onze traces une par une, trois d'entre elles sont plus courtes que l'itinéraire qu'elles remplacent : le Petit Col Ferret de 4 km, le col des Fours de 4 km également et la Fenêtre d'Arpette de 3 km. Les deux premières ne coûtent pratiquement rien en montée non plus. La troisième grimpe 425 mètres de plus et reste la journée la plus dure du tour.

Chez Altimood, on emmène des groupes sur ce circuit et on relève les traces au fil des saisons. Cet article compare les onze variantes praticables à l'itinéraire qu'elles remplacent, avec l'écart réel en distance, en dénivelé et en temps de marche. Chacune a sa trace GPX téléchargeable.

Une précision avant d'entrer dans les chiffres : « valoir le détour » n'est pas une donnée, c'est un avis. Le nôtre dépend de la météo du matin, de l'état du groupe et de ce qu'on a déjà vu les jours d'avant. Les mesures, elles, ne bougent pas, et c'est ce qui permet de discuter du reste sur des bases saines.

Les 11 variantes comparées à l'itinéraire classique

Chaque ligne compare la variante au tronçon exact qu'elle remplace, bornes identiques de part et d'autre. Les écarts sont mesurés sur nos traces, avec le même lissage que celui des profils altimétriques affichés plus bas. Le temps est calculé pour un randonneur régulier avec un sac d'itinérance, soit environ 370 m de montée à l'heure.

VarianteÉtapePoint hautDistanceDénivelé +Temps
Col des Fours22 665 m-3,8 km-40 m-55 min
Petit Col Ferret62 490 m-3,7 km+35 m-45 min
Contournement des échelles102 132 m+2,1 km+85 m+40 min
Mont-Fortin3 et 42 758 m+0,4 km+90 m+20 min
Aiguillettes des Houches112 285 m+3,4 km+180 m+1h15
Lac Blanc102 352 m+1,7 km+285 m+1h30
Le Prarion11 967 m+4,6 km+300 m+1h55
Fenêtre d'Arpette82 665 m-3,3 km+425 m+55 min
Mont de la Saxe52 584 m+2,6 km+465 m+1h45
Refuge de Tré-la-Tête21 970 m+4,1 km+555 m+2h45
Col du Tricot12 120 m+2,1 km+575 m+2h20

Le classement est fait par coût en dénivelé, du moins cher au plus cher, et pas par distance. C'est la grandeur qui compte vraiment sur une itinérance : les kilomètres se rattrapent, les mètres de montée s'accumulent d'un jour sur l'autre.

Lisez donc les deux colonnes ensemble, jamais séparément. La Fenêtre d'Arpette est la plus parlante : plus courte de 3,3 km, et pourtant la journée la plus dure du circuit, parce qu'elle grimpe 425 mètres de plus sur un pierrier. À l'inverse, le col des Fours est la seule variante négative dans les deux colonnes, et le Petit Col Ferret n'en est pas loin, ses trente-cinq mètres de montée en plus tenant dans l'épaisseur du trait. Ce sont les deux affaires du tour.

Le tableau règle au passage une question qui revient souvent, celle du point culminant du tour. Sur le tracé principal, le TMB plafonne au Grand Col Ferret, à 2 537 m. Avec les variantes, le terrain le plus haut réellement foulé sur un itinéraire se trouve sur la traversée du Mont-Fortin, vers 2 730 m, au flanc du sommet et non à son point culminant. Plus haut encore, mais en aller-retour et non sur le tour lui-même, la Tête Nord des Fours (2 756 m) se gagne en vingt minutes depuis le col des Fours : c'est le point le plus élevé où l'on puisse poser le pied sur tout le parcours. Et deux cols se partagent l'altitude de 2 665 m, le col des Fours et la Fenêtre d'Arpette, l'un en France et l'autre en Suisse. La colonne « point haut » donne l'altitude officielle du lieu traversé, que nos traces atteignent à quelques mètres près, sauf là où le sentier passe volontairement sous le sommet.

Ce que coûte vraiment une variante

L'itinéraire classique du TMB fait environ 170 km pour quelque 10 000 m de dénivelé positif. En enchaînant les six variantes d'altitude, col du Tricot, col des Fours, Mont-Fortin, Mont de la Saxe, Fenêtre d'Arpette et Lac Blanc, la distance ne bouge pratiquement pas et le dénivelé prend environ 1 800 m.

C'est là tout le sujet. Sur ce circuit, une variante ne se paie pas en kilomètres, elle se paie en montée. Les sentiers d'altitude coupent au plus court par les cols pendant que le tracé principal contourne par le bas, si bien qu'ils font marcher un peu moins loin et beaucoup plus haut. À l'échelle du tour, l'écart de distance se compte en quelques centaines de mètres, autant dire rien : c'est en dessous de ce que n'importe quelle mesure de trace sait distinguer.

Les 1 800 m de montée, eux, se sentent. Ils représentent près de 20 % d'effort en plus sur l'ensemble du parcours, et ils allongent les journées même quand la carte affiche la même longueur. Un tour avec toutes les variantes est nettement plus dur qu'un tour sans, point final. Ce que la mesure apporte, c'est seulement de savoir où regarder : la colonne du dénivelé, jamais celle des kilomètres.

L'arbitrage porte donc sur les jambes, sur l'horaire et sur le lendemain. Pour voir ce que ces 1 800 mètres font à votre découpage, notre calculateur de durée du TMB intègre les onze variantes de cet article et recalcule les nuits en conséquence, en tenant compte des hébergements que chacune fait sauter.

Les variantes qui ne coûtent presque rien

Quatre variantes se prennent sans réorganiser la journée. Elles ajoutent moins de 100 mètres de montée, et l'une en enlève.

Le col des Fours, 2 665 m, étape 2

C'est la seule variante du tour qui est moins longue et moins montante que l'itinéraire qu'elle remplace : 3,8 km et 40 mètres de dénivelé en moins. La raison tient à la géographie. Depuis le refuge de la Croix du Bonhomme, le sentier classique plonge de 900 mètres sur Les Chapieux, au fond de la vallée, avant de remonter 320 mètres vers Les Mottets. La variante, elle, monte encore 190 mètres jusqu'au col des Fours, puis bascule directement dans la vallée des Glaciers et rattrape le TMB en aval.

Vous marchez donc moins pour aller plus haut. Le point de vue depuis le col, à 2 665 m, ouvre sur les Écrins au sud et sur le massif du Mont-Blanc au nord. Pour qui a le temps et le ciel, une croupe facile prolonge le col plein nord jusqu'à la Tête Nord des Fours (2 756 m) en une vingtaine de minutes, le meilleur belvédère du secteur.

Ce que la variante coûte vraiment, c'est la nuit aux Chapieux. Le hameau est un point de ravitaillement et un des rares endroits de ce secteur où l'on dort, et le col des Fours passe à côté. C'est un choix de découpage autant qu'un choix de sentier, à faire au moment de réserver, pas le matin même.

L'autre condition est la météo. À 2 665 m sur une croupe sans abri, un orage se subit. Le névé de la descente sur la Ville des Glaciers tient souvent jusqu'à début juillet, et cette descente raide est ce qui absorbe, sur le terrain, l'avance théorique de 55 minutes. Comptez plutôt le même temps que par Les Chapieux, en ayant vu autre chose.

2000 m2500 m0 km2 km4 km

Le détail de la journée et le comparatif avec la descente classique sont dans l'étape 2, des Contamines aux Chapieux.

Le Petit Col Ferret, 2 490 m, étape 6

Voilà la meilleure affaire du tour, et de loin la moins connue. Entre le Rifugio Elena et La Fouly, le Petit Col Ferret (2 490 m) est plus court de 3,7 km que le passage classique par le Grand Col Ferret, pour trente-cinq mètres de montée en plus. Trente-cinq mètres, c'est du bruit de mesure. C'est donc près de quatre kilomètres et trois quarts d'heure offerts.

L'explication est dans la descente, pas dans la montée. Le col classique bascule sur l'alpage de La Peule et suit tout le haut du Val Ferret suisse avant de rejoindre La Fouly. Le Petit Col Ferret, quarante mètres plus bas et un kilomètre plus à l'ouest, plonge plus directement dans le vallon. Sur la trace, il passe à deux kilomètres et demi de La Peule, qu'il ne voit pas.

C'est aussi ce qui la rend moins évidente qu'il n'y paraît. Le versant suisse du Petit Col Ferret est plus raide et bien moins fréquenté, la trace y est plus fine, et l'alpage de La Peule que vous économisez est un des bons arrêts du versant suisse, avec ses fromages et sa terrasse. Vous gagnez du temps en perdant une halte que beaucoup de marcheurs citent parmi leurs bons souvenirs.

Notre avis : elle vaut le coup un jour où l'horaire est serré, ou quand la météo se referme et qu'il faut être en bas tôt. Un jour normal, La Peule mérite qu'on marche les quatre kilomètres.

1500 m2000 m2500 m0 km2 km4 km6 km

L'itinéraire classique par le Grand Col Ferret (2 537 m), point culminant du tracé principal, est décrit dans l'étape 6, du refuge Bonatti à La Fouly.

Le Mont-Fortin, 2 758 m, étapes 3 et 4

Quatre-vingt-dix mètres de montée et quatre cents mètres de distance en plus, pour un parcours de crête presque continu au-dessus du Val Veny. Sur le papier, c'est la meilleure affaire du tour.

Sur le terrain, c'est la variante la plus engagée de la liste, et le tableau ne le montre pas. Elle se prend juste après le col de la Seigne, suit le col des Chavannes (2 598 m), le flanc du Mont-Fortin puis le col de Youla (2 661 m), et redescend sur le Col Chécrouit. Presque tout se déroule au-dessus de 2 500 m, loin de tout, sans échappatoire une fois engagé. Notre trace atteint 2 730 m au plus haut.

C'est un parcours de haute route plus qu'une variante de TMB. On ne l'emmène qu'avec des groupes déjà rodés à l'altitude, par temps stable et avec une marge horaire confortable. Le coût réel n'est pas dans les 90 mètres, il est dans l'engagement.

Cette variante coupe aussi le Rifugio Elisabetta, qui est l'hébergement naturel de cette section. Elle change donc le découpage des étapes 3 et 4.

2000 m2500 m0 km5 km10 km15 km

Le passage classique sous l'arête du Mont-Favre est décrit dans l'étape 4, du Rifugio Elisabetta à Courmayeur.

Le contournement des échelles, étape 10

Ce n'est pas une variante de paysage, c'est une solution. Les onze échelles métalliques de Trè-le-Champ rebutent une partie des marcheurs, et un sentier balisé les évite par le col des Montets. Il ajoute 2,1 km et seulement 85 mètres de dénivelé.

Sa vraie qualité est ailleurs : mesuré sur la trace, ce contournement rejoint le TMB à la Tête-aux-Vents (2 132 m), donc en amont de l'embranchement du Lac Blanc. Renoncer aux échelles ne vous prive donc pas du lac, contrairement à ce que la carte laisse croire au premier coup d'œil.

1400 m1600 m1800 m2000 m2200 m0 km2 km4 km6 km8 km

Les autres passages exposés du circuit et leurs contournements sont détaillés dans notre article sur le Tour du Mont-Blanc quand on a le vertige.

Les variantes qui coûtent une heure ou deux

Trois variantes tiennent dans une matinée d'avance. Elles se décident le matin même, en regardant le ciel.

Les Aiguillettes des Houches, 2 285 m, étape 11

Sur la dernière journée, au lieu de descendre directement de Bellachat sur Les Houches, on prolonge la crête des Aiguillettes des Houches avant de basculer. La variante ajoute 3,4 km et 180 mètres de montée pour environ 1h15.

C'est la moins prise des onze, et c'est logique : le onzième jour, on a un train à prendre, des jambes usées et un tour déjà bouclé dans la tête. Elle se justifie surtout si vous terminez tôt et si vous voulez étirer la dernière descente au lieu de la subir. Le versant est aussi nettement moins fréquenté que le sentier direct.

1000 m1500 m2000 m0 km2 km4 km6 km8 km

L'itinéraire classique par le Brévent est décrit dans l'étape 11, de la Flégère aux Houches.

Le Lac Blanc, 2 352 m, étape 10

Le détour le plus photographié des Alpes coûte 1,7 km et 285 mètres de montée depuis la Tête-aux-Vents, soit environ 1h30 aller-retour. La couleur laiteuse du lac vient des particules de roche broyées par l'abrasion glaciaire, et le reflet des Drus dans le premier bassin est l'image que tout le monde connaît.

C'est la variante la plus dépendante de la météo du tour. Par ciel dégagé, elle vaut largement son heure et demie. Sous un plafond bas, il ne reste qu'un lac gris et une montée pour rien, et mieux vaut garder l'énergie. C'est aussi la seule de la liste qu'on peut décider à la dernière seconde, puisque l'embranchement se prend au cairn de la Tête-aux-Vents, avec le ciel sous les yeux.

L'étape 10 étant la plus courte du circuit, ce détour ne pose presque jamais de problème d'horaire.

1500 m2000 m2500 m0 km2 km4 km6 km

Le lac se randonne aussi à la journée hors TMB : voir notre article sur le Lac Blanc depuis Chamonix.

Le Prarion, 1 967 m, étape 1

Au départ des Houches, au lieu de monter au col de Voza par le sentier du GR, on suit le GRP Tour du Pays du Mont-Blanc jusqu'au sommet du Prarion (1 967 m), avant de redescendre sur le col de Voza. La variante ajoute 4,6 km et 300 mètres de montée, ce qui en fait la plus longue rallonge de la liste, mais pas la plus dure.

Son intérêt est autant social que panoramique. Le premier jour du TMB est celui où l'on croise le plus de monde, tout le monde partant des Houches au même moment. Le versant du Prarion est à l'écart de ce flux et des remontées mécaniques, il monte à l'ombre en forêt, et il débouche sur un 360° qui couvre le massif du Mont-Blanc, la vallée de Chamonix et les Aravis.

C'est l'option à connaître si vous partez en pleine saison et que la fréquentation du premier jour vous inquiète.

1000 m1500 m2000 m0 km5 km10 km

Les variantes qui coûtent une demi-journée

Les quatre dernières se paient. Elles demandent d'avoir prévu la journée en conséquence, pas de s'être décidé au déjeuner.

La Fenêtre d'Arpette, 2 665 m, étape 8

C'est le grand dilemme du versant suisse. Entre Champex-Lac et Trient, la Fenêtre d'Arpette est plus courte de 3,3 km que l'itinéraire de Bovine, et c'est la donnée qui surprend tout le monde. Elle ne rend pas la journée plus facile pour autant : elle grimpe 425 mètres de plus, concentrés sur un pierrier, et reste la journée la plus exigeante du circuit. Marcher moins loin en montant plus, sur ce terrain-là, ne se traduit jamais par une journée plus légère.

Le calcul de temps donne une heure d'écart seulement, mais c'est là que le modèle atteint sa limite. Le dernier tronçon sous la brèche est le passage le plus technique du tour : blocs instables, sentier discret, cairns comme seul balisage. Une cordée qui progresse prudemment y perd bien plus qu'une heure, et par brouillard l'orientation devient le vrai sujet. En début de saison, des névés recouvrent le passage jusqu'en juillet.

Notre règle est simple. Ciel dégagé, névés fondus, huitième jour de marche dans les jambes et un groupe à l'aise sur du pierrier : c'est la plus belle journée du versant suisse, avec le glacier du Trient en vis-à-vis à la descente. Le moindre doute sur un de ces quatre points : Bovine, sans regret, et l'alpage vaut le déplacement.

1500 m2000 m2500 m0 km5 km10 km

Le comparatif complet des deux itinéraires est dans l'étape 8, de Champex-Lac à Trient.

Le Mont de la Saxe, 2 584 m, étape 5

Au-dessus du Rifugio Bertone, un sentier quitte le balcon classique et monte sur la crête qui domine le Val Ferret italien. Sur notre trace, mesurée du Bertone au Bonatti, il ajoute 2,6 km et 465 mètres de dénivelé et culmine à 2 554 m. En poussant jusqu'au point haut de la Tête de la Tronche (2 584 m), comptez une centaine de mètres de plus.

Si on ne devait en garder qu'une sur les onze, ce serait celle-là. La crête déroule un panorama continu sur les Grandes Jorasses, la Dent du Géant et l'Aiguille Noire de Peuterey, à moins de quatre kilomètres de distance, sans angle mort et sans partage : l'immense majorité des marcheurs reste sur le sentier du bas. L'itinéraire classique par Armina est joli et abrité, mais il ne joue pas dans la même catégorie.

Le prix à payer est net. Quatre cent soixante-cinq mètres de montée sèche en début de journée, sur une crête sans eau et sans ombre, au cinquième jour de tour. Par vent fort ou par ciel bouché, elle perd tout son intérêt et garde tout son coût.

1800 m2000 m2200 m2400 m2600 m0 km2 km4 km6 km8 km

Le détail de la journée est dans l'étape 5, de Courmayeur au refuge Bonatti.

Le refuge de Tré-la-Tête, 1 970 m, étape 2

Voilà la variante la plus déséquilibrée du tableau, et il faut la lire attentivement. Elle remplace 3,6 km de fond de vallée entre Les Contamines et le refuge de Nant-Borrant, un tronçon plat qui monte de 276 mètres sans jamais redescendre. La variante, elle, grimpe au refuge de Tré-la-Tête (1 970 m) avant de replonger sur Nant-Borrant : 555 mètres de montée en plus, 4,1 km de plus, et près de trois heures de marche supplémentaires.

Le rapport est brutal parce que le tronçon remplacé est le plus facile du circuit. Ce n'est pas que la variante soit dure dans l'absolu, c'est que l'alternative est un chemin forestier presque plat, l'un des rares du TMB où l'on marche sans effort.

Ce qu'on y gagne est un balcon au-dessus du val Montjoie, face aux Dômes de Miage et au glacier de Tré-la-Tête, là où le fond de vallée reste en forêt. Le refuge lui-même est un bel arrêt, ancien et bien tenu.

Ce qu'on y perd, c'est le seul moment de récupération de la journée. L'étape 2 se termine au col de la Croix du Bonhomme, à 2 443 m, après une longue montée. Ajouter 555 mètres et trois heures en amont de cette montée transforme une étape correcte en très grosse journée. En pratique, cette variante ne se prend bien que si vous coupez l'étape 2 en deux et dormez à Nant-Borrant ou à la Balme.

1200 m1400 m1600 m1800 m2000 m0 km2 km4 km6 km

Le déroulé classique du val Montjoie est décrit dans l'étape 2, des Contamines aux Chapieux.

Le col du Tricot, 2 120 m, étape 1

C'est la variante la plus chère du tour : 575 mètres de dénivelé positif de plus que par le col de Voza, pour 2,1 km supplémentaires et environ deux heures de marche en plus. C'est aussi celle qu'on prend le plus souvent.

Depuis le col de Voza, le sentier passe sous l'hôtel de Bellevue, descend vers la passerelle himalayenne suspendue au-dessus du torrent de Bionnassay, puis remonte raide dans les graviers jusqu'au col du Tricot (2 120 m), face au glacier de Bionnassay et aux Dômes de Miage. Il redescend ensuite sur le refuge de Miage avant de rejoindre Les Contamines.

Le vrai problème du Tricot n'est pas sa difficulté, c'est sa place dans la journée. Ces deux heures tombent le premier jour, quand le sac est au plus lourd et que le corps n'a rien encaissé encore. Sur un format resserré, elles se paient toute la semaine.

C'est pour cette raison que le découpage compte plus que les jambes ici. Le TMB en 10 jours coupe la première journée en deux et dort à Bionnassay, ce qui rend le Tricot confortable dès le premier matin. Sur un tour serré, la même variante devient un pari.

1000 m1500 m2000 m0 km5 km10 km15 km

Les deux itinéraires du premier jour sont comparés dans l'étape 1, des Houches aux Contamines.

À partir de quand chaque variante s'ouvre

Les variantes ne s'ouvrent pas en même temps que le tour. Un TMB de mi-juin se marche très bien sur le tracé principal alors que la moitié des variantes hautes sont encore sous la neige, et c'est la question qu'on nous pose le moins alors qu'elle décide de tout sur un départ précoce.

Les trois dernières à se libérer sont le col des Fours, la Fenêtre d'Arpette et le Mont-Fortin. Comptez début juillet pour le col des Fours, dont la descente sur la Ville des Glaciers est orientée nord et garde le névé bien après que le col soit sec. Comptez la même période pour la Fenêtre d'Arpette, où le pierrier sous la brèche reste enneigé plus longtemps que le reste du vallon, et où un névé raide sur des blocs est autrement plus sérieux qu'un névé sur un alpage. Le Mont-Fortin, qui tient une longue crête au-dessus de 2 500 m, se juge au cas par cas selon l'hiver.

Les autres se prennent dès l'ouverture des refuges. Le col du Tricot, le Mont de la Saxe et le Lac Blanc peuvent porter des plaques résiduelles en juin, mais sur du terrain où l'on passe. Le Prarion, le contournement des échelles et les Aiguillettes des Houches ne posent pas de question de saison.

Un point qui ne se voit sur aucune carte : deux de ces variantes sont sèches. La crête du Mont de la Saxe n'offre aucun point d'eau entre le Rifugio Bertone et le Bonatti, et la section haute au-dessus du Lac Blanc pas davantage jusqu'à la Flégère. Deux litres par personne au départ, ce n'est pas de la précaution, c'est le minimum.

Comment on choisit, dans l'ordre

Sur le terrain, l'arbitrage se fait toujours dans le même ordre, et le panorama arrive en dernier.

D'abord l'hébergement, parce qu'il se réserve six mois à l'avance et qu'il ne se rattrape pas. Trois variantes changent le découpage des nuits : le col des Fours saute Les Chapieux, le Mont-Fortin saute le Rifugio Elisabetta, et la Fenêtre d'Arpette impose de partir de Champex plutôt que d'un point intermédiaire. Ces trois-là se décident au moment de réserver. Depuis le Québec, ce délai de six mois tombe souvent avant même l'achat du billet d'avion : mieux vaut trancher ces trois variantes tôt, quitte à ajuster le reste du parcours une fois sur place. Notre récapitulatif des refuges du Tour du Mont-Blanc situe les adresses concernées.

Ensuite la météo du matin, et surtout l'heure d'arrivée prévue au point haut. Le col des Fours, le Mont-Fortin et la Fenêtre d'Arpette se déroulent sur des terrains sans abri au-dessus de 2 600 m. Un orage annoncé en début d'après-midi les élimine tous les trois, quelle que soit la forme du groupe.

Ensuite l'état des jambes, en tenant compte du jour d'après et pas seulement du jour même. Une variante à 500 mètres de montée se paie rarement le soir : elle se paie le lendemain matin.

Le panorama vient après. Il ne départage que les options qui restent, et il en reste presque toujours.

Un dernier réflexe, celui qui évite le plus de mauvaises journées : prévoir le découpage sans les variantes, puis les ajouter le jour même quand tout s'aligne. Une journée courte se rallonge à volonté sur ce circuit. Une journée calée sur votre meilleur jour ne se raccourcit plus une fois que vous êtes engagé.

Les autres écarts au tracé, et ce qu'ils valent

Le TMB compte d'autres écarts au tracé principal, que nous n'avons pas mis dans le tableau parce qu'ils ne relèvent pas de la même logique.

L'Aiguillette des Posettes mérite une mise au point, parce qu'elle est souvent présentée comme une variante de l'étape 9 et qu'elle n'en est pas une, le TMB passe déjà par la crête : il descend au col des Posettes vers 2 010 m, remonte à plus de 2 150 m sur le fil, puis bascule sur Trè-le-Champ. Ce qui existe ici comme véritable alternative, c'est la descente basse par Charamillon et Le Tour, qui raccourcit la journée en passant sous les remontées. Cette descente dans laquelle la plupart des randonneurs se font d'ailleurs aspirer.

Les liaisons de vallée sont d'une autre nature. La descente sur Vallorcine plutôt que par Trè-le-Champ, le fond du Val Ferret suisse par la route, la sortie par Le Tour et Montroc : ce ne sont pas des variantes de montagne, ce sont des replis. Ils économisent du dénivelé un jour où la météo tourne ou une cheville proteste, et c'est exactement ce qu'on leur demande. Les garder en tête vaut mieux que les découvrir sous la pluie.

Le secteur du refuge Robert Blanc (2 750 m), au-dessus des Mottets, est encore autre chose. Le col d'Enclave, le sentier Thomas Roques et le col des Bouquetins forment un ensemble de haute route qui recoupe le TMB sans en faire partie : passages câblés, journées longues, terrain d'altitude. Le Mont-Fortin est déjà à cette frontière et nous l'avons gardé parce qu'il reste balisé et sans difficulté technique hormis une descente exigeante dans un pierrier. Au-delà, ce sont d'autres randonnées, qui se préparent comme telles.

Les raccourcis mécaniques, enfin, ne sont pas des variantes mais changent beaucoup un séjour : le tramway du Mont-Blanc, le téléphérique du Brévent, la télécabine du Checrouit sur Courmayeur, les bus postaux suisses. Leur effet sur le nombre de jours est détaillé dans notre article sur le nombre de jours du TMB.

Les questions fréquentes sur les variantes du TMB

Quelle est la variante la plus difficile du Tour du Mont-Blanc ?

La Fenêtre d'Arpette pour la technicité, le Mont-Fortin pour l'engagement. La Fenêtre d'Arpette concentre le seul passage vraiment technique du circuit, un pierrier raide sous une brèche à 2 665 m, avec des blocs instables et des névés jusqu'en juillet. Le Mont-Fortin, lui, ne présente aucune difficulté technique mais se déroule presque entièrement au-dessus de 2 500 m, loin de tout, sans échappatoire une fois engagé. Le col du Tricot est la plus coûteuse en dénivelé (+575 m) sans être difficile.

Les variantes du TMB rallongent-elles le tour ?

Pas en distance, et beaucoup en dénivelé. En prenant les six variantes d'altitude, la longueur du tour ne bouge pratiquement pas, mais le dénivelé positif augmente d'environ 1 800 m, soit près de 20 % d'effort en plus. Le tour devient donc nettement plus dur, avec des journées plus longues, alors que la carte affiche la même distance. Deux variantes sont même plus courtes que le tronçon qu'elles remplacent, le col des Fours (-3,8 km) et la Fenêtre d'Arpette (-3,3 km), mais seule la première monte aussi moins : l'autre reste la journée la plus dure du circuit. Sur ce circuit, la distance est un mauvais indicateur, regardez le dénivelé.

Peut-on décider des variantes le jour même ?

Pour six d'entre elles, oui : le col du Tricot, le Prarion, le Mont de la Saxe, le Lac Blanc, les Aiguillettes des Houches et le contournement des échelles se décident le matin, ou même à l'embranchement. Trois demandent d'avoir anticipé au moment de réserver, parce qu'elles changent les nuits : le col des Fours saute Les Chapieux, le Mont-Fortin saute le Rifugio Elisabetta, et la Fenêtre d'Arpette suppose de dormir à Champex-Lac ou au Relais d'Arpette.

Les variantes sont-elles balisées ?

Oui, toutes les onze sont des sentiers balisés et cartographiés, aucune ne demande de hors-sentier. Le balisage se fait plus discret sur deux d'entre elles : le pierrier sous la Fenêtre d'Arpette est marqué par des cairns, que le brouillard rend vite difficiles à suivre, et la crête du Mont-Fortin se repère mieux par temps clair. Nos traces GPX de cet article couvrent les onze, à télécharger sous chaque profil altimétrique.

Quel est le point culminant du Tour du Mont-Blanc ?

Sur le tracé principal, le tour culmine au Grand Col Ferret, à 2 537 m, sur la frontière italo-suisse. Les altitudes plus hautes qu'on associe parfois au TMB appartiennent aux variantes : le col des Fours et la Fenêtre d'Arpette montent tous deux à 2 665 m, et la traversée du Mont-Fortin foule le terrain vers 2 730 m. Le point le plus élevé où l'on puisse poser le pied est la Tête Nord des Fours, à 2 756 m, un aller-retour facultatif de vingt minutes depuis le col des Fours.

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